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Les mots ont des os

Annexes

Annexe C. Glossaire

Entre parenthèses, le chapitre où le terme apparaît pour la première fois.

Affixe (2). Pièce qui se colle à la racine pour changer sa fonction : un préfixe se place avant (re-, dé-), un suffixe après (-tion, -ment).

Apophénie (12). Tendance à voir des liens ou des figures là où il n’y en a pas. C’est à la fois le moteur de la créativité et celui des erreurs.

Appropriation (11). Le travail qui consiste à faire sienne une langue venue du dehors. Il a lieu avec la première langue, et il recommence avec chaque langue nouvelle.

Cas limite (3). Son qui se trouve à la frontière entre deux catégories, comme le y de yeux ou le ll de l’espagnol du Mexique. On le note sans le ranger de force dans une classe.

Case ouverte (12). Relation qu’on peut voir et vérifier, mais que personne n’a encore complètement expliquée, comme la ressemblance entre mucho et much. On ne la transforme pas en une parenté qui n’existe pas, et on ne la rejette pas non plus comme du « pur hasard ».

Classe (3). Chacune des sept régions de la bouche, avec sa sensation propre : Φ, Θ, Χ, Σ, Λ, Ϻ, Ξ. Une classe seule ne signifie rien. On les appelle aussi classes OAS.

Code (4). Suite de deux ou trois classes, dans leur ordre, tirée du squelette de la racine d’un mot. Un code oriente un champ de sens ; il ne le définit pas.

Codérivé (5). Mot qui descend d’une même source qu’un autre. Il garde souvent son code, mais pas toujours : le chemin peut l’user (l’espagnol hijo, du latin fīlius, a perdu le f). Les linguistes disent cognat ou mot apparenté.

Convergence (12). Relation entre deux mots d’histoires différentes qui arrivent au même code et au même champ de sens, comme mucho et much. Ce n’est pas une parenté, mais c’est un fait ; son explication reste ouverte.

Correspondance (6). Règle selon laquelle un son d’une langue apparaît sous la forme d’un autre son dans une langue apparentée : là où le latin a p, l’anglais a f.

Cualo (13). Dans la métaphysique cualique, l’unité minimale de l’apparaître vécu, antérieure aux mots. On ne peut pas le mesurer ; on n’en connaît que les traces.

Emprunt (5). Mot qu’une langue prend tout fait à une autre, comme tomate, venu du nahuatl par l’espagnol.

Endolangage (1). L’organisation profonde d’une langue, au-dessous de ce qu’elle dit : codes, rythmes, motifs qu’on ne voit pas.

Endolinguistique (1). Discipline qui étudie ce que les langues portent à l’intérieur. Elle a été fondée par la Dre Christiane S. Meulemans et le Dr José Ángel Elias Fernández y Cuevas.

Endorythme (10). Le rythme intérieur d’une personne : la manière d’aller dans le temps d’où naissent tous ses rythmes quand elle parle. Il se forme avant les mots et s’entend dans l’accent.

Étymologie populaire (12). Changement d’un mot parce que ses locuteurs ont cru y voir un lien qu’il n’avait pas, comme l’anglais crayfish.

Exolangage (1). La langue telle qu’elle apparaît : les mots qu’on entend, la grammaire, l’orthographe.

Faux ami (5). Mot d’une autre langue qui ressemble à l’un des vôtres mais ne veut pas dire la même chose. Ce peut être un parent qui a changé de sens ou un inconnu qui se contente de ressembler.

Habence (13). Mot du philosophe mexicain Agustín Basave Fernández del Valle pour le « il y a » originaire, antérieur à toute mesure et à tout nom.

Inconscient partagé (13). Ce que les locuteurs d’un macrosystème partagent sans le savoir. Il n’est pas universel : il est relatif à chaque famille de langues.

Inversion (4). Changement d’ordre d’un code qui conserve son noyau : Θ·Λ et Λ·Θ.

Langue tonale (10). Langue dans laquelle la hauteur de la voix fait partie du mot, comme le chinois mandarin ou le zapotèque.

Logos (13). La parole, le concept, la raison. Dans la métaphysique cualique, il arrive après l’expérience.

Loi de Grimm (6). Ensemble de changements en chaîne des consonnes des langues germaniques, décrit par Jacob Grimm en 1822.

Macrosystème (9). Une grande famille de langues vue comme un système : l’indo-européen, le sémitique, l’uto-aztèque. On ne mélange pas les macrosystèmes dans une même comparaison.

Micromusicalité (10). Les détails les plus fins de la voix : tremblements, pauses, tensions. Ils portent une bonne part de ce que ressent une personne.

Noyau (4). L’ensemble des classes d’un code, sans tenir compte de l’ordre : {Θ, Λ}.

OAS (3). Sigle anglais d’Originating Affective Sounds, « sons affectifs originaires » : le nom des sept classes.

Phrase-pont (8). Phrase de votre langue pliée pour s’aligner sur une autre, avec de vrais mots de votre langue.

Point d’accès (8). Mot de votre langue, parfois moins courant, qui est un codérivé d’un mot de la langue que vous apprenez : fête pour l’anglais feast.

Proto-indo-européen (1). La langue reconstruite dont descendent les langues indo-européennes. Elle n’a laissé aucun document écrit.

Psychophonologie (10). Étude du son du langage sur trois plans à la fois : la structure, la musique et l’esprit.

Qualité (13). Ce qu’est une expérience telle qu’on la vit, et qu’aucun nombre n’épuise : le rouge tel que vous le voyez, le goût d’une mangue.

Racine (2). La pièce du mot qui porte le sens. C’est de la racine qu’on tire le code.

Registres du sens (12). Trois manières dont un lien entre des mots peut exister : sens trouvé (l’histoire le garantit), sens construit (une interprétation déclarée comme telle) ou sens projeté (une affirmation sans appui : l’apophénie).

Retirer l’échafaudage (8). Vérifier si vous vous souvenez de quelque chose sans l’aide qui vous a servi à l’apprendre, pour savoir s’il y a eu un vrai apprentissage ou seulement de la suggestion.

Seuil (11). Lieu de passage entre deux états. Le seuil phonique est le passage entre la pensée et le son.

Squelette (2). Les consonnes d’un mot, dans leur ordre, telles qu’elles sonnent.

Tonogenèse (10). Naissance d’un ton quand une langue perd une consonne et que la différence qu’elle marquait passe dans la mélodie de la voyelle.

Zone de Meulemans (11). Région de l’hémisphère droit du cerveau où, selon une hypothèse de cette tradition, se traiteraient les codes, le rythme et la mélodie de la parole.